L'actionnaire italien a passé quatre jours dans la fonderie. Mais il est parti mardi matin sans rencontrer le syndicat CGT. Et il a annulé le Comité d'entreprise de ce mercredi. Si Florindo Garro et son fils Alvaro Garro, actionnaires, avaient voulu énerver les salariés et le syndicat CGT de
Mardi 24 juin au matin, Alvaro Garro fait savoir qu'il ne recevra pas les syndicats. « Ce comportement irresponsable a déclenché un légitime débrayage d'une heure mardi matin » relate Pierre le Ménahes, délégué syndical. Après avoir passé quatre jours à
« 5 millions d'euros de pertes en 2007 »
« Comment pourrions-nous être sereins » s'exclame le syndicaliste ? « Jamais, depuis quarante ans, un PDG de l'entreprise n'a fait faux bond de cette manière. Si la direction a un projet, qu'elle en parle, qu'elle rassure les salariés. À la place de cela nous avons une ligne de production qui est arrêtée. Les pertes se montent à 5 millions d'euros depuis le début 2007. La situation est paradoxale : on explose le nombre d'heures supplémentaires, 40 000 heures en 2007, 15 000 heures en 2008. Il y a 120 intérimaires dans l'entreprise en plus des 473 agents de production en CDI. »
Le syndicat reconnaît que l'augmentation du prix des matières premières a une grande part dans les difficultés actuelles. La tonne de ferraille est passée de 220 € à 500 € depuis début 2008. « Mais cela n'explique pas tout. Nous avons un problème de gouvernance. Pourquoi l'actionnaire n'investit-il pas dans
Enfin,
Christian GOUEROU.
Ouest-France
Alors qu'un plan social est en cours, les 235 salariés de l'usine Dandy, à Pontivy, ont appris, hier, que la direction vise un dépôt de bilan.« Je me suis toujours battue pour Dandy. Et Dieu sait si on a eu des coups durs, commente Martine, 58 ans, ouvrière chez Dandy depuis 34 ans. Mais là, ça a été le coup de massue. » La direction de l'usine, filiale du groupe coopératif Unicopa, s'est déclarée, mardi, en cessation de paiement au tribunal de commerce de Lorient. Hier matin, les salariés ont commencé à 7 h 20. À 10 h, ils ont été avertis qu'ils étaient dispensés de travail.
« On nous traite comme des malpropres », dit l'une. « Ils n'ont aucun respect pour nous », ajoute une autre. Cette annonce « brutale » intervient alors qu'un plan social était en cours. En mars, après la reprise des activités volailles d'Unicopa par Terrena, les salariés avaient appris la fermeture de leur entreprise en juin. Depuis, les délégués CGT du personnel ont tout fait pour retarder l'échéance. Mercredi, « on a encore été assommés ».
Hervé Le Roy, le porte-parole d'Unicopa, explique de son côté : « Dandy se trouve sur un marché, la transformation de dinde, qui s'est fortement dégradé ces dernières années. La situation s'est aggravée ces derniers mois. Les ressources de la société sont épuisées. Elle ne peut plus faire face à ses charges. La suite des événements est dans les mains du tribunal de commerce de Lorient. » L'audience est prévue ce jeudi, à 15 h.
Et qu'en est-il du plan social ? « Le reclassement des salariés reste la priorité d'Unicopa, affirme-t-il. 217 postes sont proposés. » Les 235 employés concernés (contre 238 en mars, car deux sont décédés et un a quitté le groupe), dont 80 % de femmes, ne sont pas convaincus. « On nous propose des emplois de désosseurs de jambon à Loudéac, des places à Guingamp, dans les Côtes- d'Armor, ou à Bécherel, en Ille-et-Vilaine, voire en Normandie. On va finir en intérim. » Les salariés ont décidé de se relayer par groupes de vingt pour occuper l'usine. Aujourd'hui, Martine et ses collègues seront à Lorient « pour soutenir nos délégués ».
Claude LEMERCIER.
Ouest-France
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