Unicopa a réclamé la liquidation de sa filiale, hier, au tribunal de commerce de Lorient, entraînant la réaction virulente du personnel.« Lâche, tu nous fous dans la m... ! ». 16 h 30, hier après-midi, Daniel Sauvaget, le directeur de la branche volailles d'Unicopa et PDG de l'usine Dandy de Pontivy, quitte le tribunal de commerce de Lorient sous les huées d'une centaine de salariés de l'usine. Protégé par un cordon de policiers, il se fraie un passage en voiture jusqu'à la rue. Un face à face extrêmement tendu car le personnel vient d'apprendre par la voix du président du tribunal que le groupe coopératif demande la liquidation pure et simple de leur entreprise spécialisée dans la découpe de dindes.
Pour les salariés, c'est un nouveau coup de massue après l'annonce du dépôt de bilan, mardi. « La direction d'Unicopa affirme ne plus pouvoir faire face à ses engagements financiers, explique Claude Larzul, l'avocat du personnel. Elle dit même ne pas pouvoir régler les salaires de juin des 235 salariés et demande à pouvoir bénéficier du fonds national de garantie des salaires. »
La filiale d'Unicopa accuse un passif de 16,5 millions d'euros dont presque 14 millions sous forme de créances auprès de la maison mère. « Si on écarte cette dette, ça ne fait plus que 2,5 millions d'euros de passif, calcule l'avocat. Dandy doit par ailleurs faire rentrer 1,2 million d'euro de factures. Du coup, le déficit par rapport aux 35 millions d'euros de chiffre d'affaires paraît moins considérable. Ça vaut donc la peine d'examiner des solutions pour prolonger l'activité et trouver un repreneur. »
L'usine toujours occupée
Les juges s'accordent un délai pour examiner le dossier, ils rendront leur délibéré, lundi 30 juin à 11 heures. Florence Even, déléguée du personnel CGT, y voit un petit signe d'espoir. « Au moins, ils n'ont pas expédié l'affaire. Il faut rester confiant malgré tout. » Pourtant, l'usine ne tourne plus. « Nous avons juste reçu
L'avocat Claude Larzul espère que le tribunal prononcera une mesure de redressement avec la nomination d'un administrateur judiciaire. En attendant, les salariés continuent à occuper l'usine 24 heures sur 24 par roulement. « et lundi, nous serons de retour au tribunal de commerce à Lorient », promet Florence Even.
Jean-Paul LOUÉDOC.
Ouest-France
« Je me suis toujours battue pour Dandy. Et Dieu sait si on a eu des coups durs, commente Martine, 58 ans, ouvrière chez Dandy depuis 34 ans. "Mais là, ça a été le coup de massue." La direction de l'usine, filiale du groupe coopératif Unicopa, s'est déclarée, mardi, en cessation de paiement au tribunal de commerce de Lorient. Hier matin, les salariés ont commencé à 7 h 20. À 10 h, ils ont été avertis qu'ils étaient dispensés de travail.
« On nous traite comme des malpropres », dit l'une. « Ils n'ont aucun respect pour nous », ajoute une autre. Cette annonce « brutale » intervient alors qu'un plan social était en cours. En mars, après la reprise des activités volailles d'Unicopa par Terrena, les salariés avaient appris la fermeture de leur entreprise en juin. Depuis, les délégués CGT du personnel ont tout fait pour retarder l'échéance. Mercredi, « on a encore été assommés ».
Hervé Le Roy, le porte-parole d'Unicopa, explique de son côté : « Dandy se trouve sur un marché, la transformation de dinde, qui s'est fortement dégradé ces dernières années. La situation s'est aggravée ces derniers mois. Les ressources de la société sont épuisées. Elle ne peut plus faire face à ses charges. La suite des événements est dans les mains du tribunal de commerce de Lorient. » L'audience est prévue ce jeudi, à 15 h.
Et qu'en est-il du plan social ? « Le reclassement des salariés reste la priorité d'Unicopa, affirme-t-il. 217 postes sont proposés. » Les 235 employés concernés (contre 238 en mars, car deux sont décédés et un a quitté le groupe), dont 80 % de femmes, ne sont pas convaincus. « On nous propose des emplois de désosseurs de jambon à Loudéac, des places à Guingamp, dans les Côtes- d'Armor, ou à Bécherel, en Ille-et-Vilaine, voire en Normandie. On va finir en intérim. » Les salariés ont décidé de se relayer par groupes de vingt pour occuper l'usine. Aujourd'hui, Martine et ses collègues seront à Lorient « pour soutenir nos délégués ».
Claude LEMERCIER.
Ouest-France
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