jeudi 26 juin 2008

DANDY Ouest France

Alors qu'un plan social est en cours, les 235 salariés de l'usine Dandy, à Pontivy, ont appris, hier, que la direction vise un dépôt de bilan.

« Je me suis toujours battue pour Dandy. Et Dieu sait si on a eu des coups durs, commente Martine, 58 ans, ouvrière chez Dandy depuis 34 ans. Mais là, ça a été le coup de massue. » La direction de l'usine, filiale du groupe coopératif Unicopa, s'est déclarée, mardi, en cessation de paiement au tribunal de commerce de Lorient. Hier matin, les salariés ont commencé à 7 h 20. À 10 h, ils ont été avertis qu'ils étaient dispensés de travail.

« On nous traite comme des malpropres », dit l'une. « Ils n'ont aucun respect pour nous », ajoute une autre. Cette annonce « brutale » intervient alors qu'un plan social était en cours. En mars, après la reprise des activités volailles d'Unicopa par Terrena, les salariés avaient appris la fermeture de leur entreprise en juin. Depuis, les délégués CGT du personnel ont tout fait pour retarder l'échéance. Mercredi, « on a encore été assommés ».

Hervé Le Roy, le porte-parole d'Unicopa, explique de son côté : « Dandy se trouve sur un marché, la transformation de dinde, qui s'est fortement dégradé ces dernières années. La situation s'est aggravée ces derniers mois. Les ressources de la société sont épuisées. Elle ne peut plus faire face à ses charges. La suite des événements est dans les mains du tribunal de commerce de Lorient. » L'audience est prévue ce jeudi, à 15 h.

Et qu'en est-il du plan social ? « Le reclassement des salariés reste la priorité d'Unicopa, affirme-t-il. 217 postes sont proposés. » Les 235 employés concernés (contre 238 en mars, car deux sont décédés et un a quitté le groupe), dont 80 % de femmes, ne sont pas convaincus. « On nous propose des emplois de désosseurs de jambon à Loudéac, des places à Guingamp, dans les Côtes- d'Armor, ou à Bécherel, en Ille-et-Vilaine, voire en Normandie. On va finir en intérim. » Les salariés ont décidé de se relayer par groupes de vingt pour occuper l'usine. Aujourd'hui, Martine et ses collègues seront à Lorient « pour soutenir nos délégués ».

Claude LEMERCIER.

Ouest-France

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